|
|
Domaine Jacques Iltis & Fils Revue de presse
Article des Dernières nouvelles d'Alsace du samedi 23 mai 2009 L’apprentissage d’un pinot gris .
Les paroles du vin sont inaudibles, leur signification
mystérieuse. Benoît Iltis, en bon fils de vigneron, a toujours su que ce
langage s’entend par le nez et se comprend par la bouche. ■ L’histoire
de son pinot gris, qui naît à Saint-Hippolyte, ne s’apprend pas autrement.
Encore faut-il apprendre l’art de le faire parler. «
Enfant, j’ai d’abord observé le travail de mon père. Puis, avec l’âge,
j’ai compris : il faut trouver un équilibre, une harmonie entre l’alcool,
les sucres et l’acidité »,
dit Benoît qui gère le domaine familial avec son frère Christophe. L’harmonie
de son pinot gris, millésime 2005, distingué d’une médaille d’or au
concours pinot gris du monde en 2008, a pris ses origines sur un terroir au sol
sablo granitique. « Le
pinot gris est très sensible aux variations climatiques. Une période de gel au
printemps brûlerait nombre de ses bourgeons et l’espoir de futures grappes ;
un été torride nous laisse avec des raisins qui manquent d’acidité, de
fraîcheur », explique
Benoît qui pratique une viticulture raisonnée. Avant les vendanges, il
effectue des prélèvements dans les différentes parcelles de son vignoble. «
Les raisins doivent arriver à maturité optimale. En revanche, si le champignon
botrytis cinerea nous amène un peu de pourriture noble, il est toujours le
bienvenu, parce qu’elle apporte une complexité associée à des arômes de
sur maturation au vin »,
poursuit Benoît. Vu la peau fragile des raisins du pinot gris, une récolte
manuelle avec un tri sur pied est de mise. «
Nous allons jusqu’à former nos vendangeurs pour cette mission délicate »,
précise Benoît, « parce
que la maturité des grappes est rarement homogène ».
Rentrés en cave, les raisins entiers subissent alors un pressurage pneumatique
très doux : la délicatesse du pinot gris a ses contraintes. Des levures
indigènes, se trouvant à l’origine sur la peau des raisins, se mettent
ensuite au travail dans des foudres en bois. «
A une température de 18 degrés, elles transforment les sucres en alcool et
extraient un maximum d’arômes »,
explique Benoît qui retrouve la passion de l’équilibre qu’il a observé
autrefois chez son père. L’équilibre atteint, il arrête le labeur permanent
des levures par le froid. Un
pinot gris qui a beaucoup à dire Après
un soutirage, qui sépare le vin clair de la lie, commence l’élevage du jeune
vin qui achève l’apprentissage du vocabulaire du vin, des mots qui parleront
plus tard aux oenophiles. Il durera trois à quatre mois. Alors, que nous dit
son pinot gris ? Son bouquet de parfums de fleurs, de miel nous raconte le
printemps de l’année 2005. L’été, qui a suivi, lui a offert des arômes
de fruits sucrés et une fine acidité, qui exaltent longuement en bouche ses
innombrables rayons de soleil, tandis qu’une pointe de pierre rappelle le
terroir de ses origines, au pied du Haut-Koenigsbourg.
|